L'essence de la microtechnologie dans la création de l'Ulysse Nardin « FreakNation »

CARACTÉRISTIQUES Article de magazine
2023.08.26

Ulysse Nardin a célébré « Freak Nation » au salon Watches & Wonders de Genève en 2023. La Freak One dévoilée est un modèle qui pourrait être considéré comme l'aboutissement du travail de la marque. Plus qu'une simple démonstration de technologie, elle privilégie la praticité grâce à un design et des fonctionnalités ingénieux. C'est une montre de luxe pour une nouvelle ère, qui transcende l'esprit « Freak ».

Monstre Un

Monstre Un
Voici l'aboutissement de la Freak, fleuron de la gamme Ulysse Nardin. Si le mécanisme d'affichage de l'heure par mouvement mécanique reste inchangé, ce dernier est désormais automatique et ses dimensions ont été réduites à 44 mm de diamètre et 52.3 mm de longueur. Malgré le poids du mouvement, la montre offre une excellente sensation au poignet. Remontage automatique (Cal. UN-240). 15 rubis. 2 1600 alternances par heure. Réserve de marche d'environ 72 heures. Boîtier en titane et or jaune 18 carats (44 mm de diamètre, 12 mm d'épaisseur). Étanche à 30 mètres. Prix : 926 2000 8 yens (août 2023).
Photographies de Yu Mitamura
Interviewé et écrit par Masayuki Hirota (Chronos-Japon)
[Article paru dans le numéro de septembre 2023 de Kronos Japan]


Un ouvrage ambitieux qui conserve le concept de base tout en atteignant des performances exploitables

Mouvement Freak One

Le mouvement, qui fait office d'aiguilles, est repris du modèle Freak original. Fixé au ressort de barillet sur le fond du boîtier, il effectue une rotation complète par heure grâce à la force de déroulement de ce dernier. La fluidité de rotation des pièces, pourtant lourdes, est due à l'excellent équilibre de la structure. Le pont qui compose ce mouvement est réalisé en or massif 18 carats.

 La première Freak, sortie en 2001, était un modèle totalement différent de toutes les montres mécaniques précédentes. Elle était dépourvue d'aiguilles des heures et des minutes, de couronne et de cadran conventionnels ; le mouvement lui-même faisait office d'aiguille des heures.

 L'idée originale est venue de la célèbre Carole Cazapi, qui a remporté le prix Abraham-Louis Breguet en 1997 pour son concept de « carrousel central » rotatif avec un grand ressort moteur tournant autour de sa périphérie.

Balancier et échappement Freak One

La praticité de la Freak One est encore renforcée par son balancier et son échappement. Le balancier en silicium allie légèreté et inertie élevée. Il est doté d'une masselotte en or et d'une contrepoids en or permettant un réglage précis. L'échappement est de type à ancre classique. Cependant, la roue d'échappement est en silicium et l'ancre en DIAMonSIL, un matériau à la fois léger et résistant à l'usure. Le spiral est lui aussi en silicium.

 L'idée de Kazapi de fixer le mouvement à un ressort moteur qui se détend en tournant et d'afficher l'heure automatiquement était audacieuse, mais prometteuse. Fasciné par cette idée, feu Rolf Schneider, propriétaire d'Ulysse Nardin, racheta à Kazapi le concept du carrousel central et demanda au Dr Ludwig Oechslin de le repenser.

 Lorsqu'Oechslin eut entre les mains le prototype de Kazapi, il loua sa qualité, mais le jugea invendable en raison de sa faible réserve de marche et de l'absence d'aiguille des heures. Cependant, Rolf Schneider, qui avait acheté le concept, avait déjà annoncé publiquement son intention de le commercialiser. Oechslin envisagea de placer le ressort de barillet au centre du mouvement afin d'en accroître l'autonomie, mais cela augmenterait sa taille. Il eut alors l'idée de placer un mouvement intégré à un chariot affichant l'heure au-dessus du long ressort de barillet. L'idée de base de la Freak, où le mouvement rotatif lui-même indique l'heure, était enfin aboutie.

Monstre Un

Malgré sa structure imposante, la Freak One offre une fluidité de mouvement exceptionnelle, bien différente des modèles précédents. Cette fluidité est due aux 250 roulements miniatures qui la composent. C'est l'évolution la plus marquante de ce modèle.

 Ce changement de conception a eu un autre effet secondaire : il a éliminé le besoin de la couronne, du mécanisme de mise à l'heure et du mécanisme de remontage, indispensables à une montre classique. Son fonctionnement est d'une simplicité déconcertante. Tourner la lunette côté cadran permet de régler l'heure, et tourner le fond de boîtier remonte le ressort de barillet situé au dos. Cette structure simple a permis à la Freak, une montre au design audacieux et anticonformiste, de perdurer pendant plus de 20 ans.

 Conçue par Carol Cazapi et finalisée par Ludwig Oechslin, la Freak fut, sans doute, le fruit de l'équipe de conception la plus ambitieuse de l'histoire. Avant la Freak, aucune montre n'indiquait l'heure par la rotation du mouvement lui-même. On pensait en effet qu'un ressort de barillet extrêmement puissant et volumineux était nécessaire pour faire tourner le mouvement, et non les aiguilles. En repensant la conception du rouage et des autres composants, et en équilibrant le poids du mouvement, Oechslin parvint à réduire la Freak à une taille raisonnable. Même si le corps rotatif est lourd, sa rotation est fluide tant que le poids est équilibré. Grâce au perfectionnement de ce concept, la Freak a évolué chaque année.

 L'échappement était lui aussi inédit. Au lieu de l'échappement à ancre suisse classique, il était doté d'un échappement naturel inventé par Breguet. Cet échappement, dans lequel deux engrenages rotatifs agissent directement sur le balancier, offre un rendement de transmission élevé et ne nécessite aucune lubrification. Toutefois, son bon fonctionnement exige des pièces de précision. Ulysse Nardin a relevé ce défi en utilisant du silicium, un matériau fabriqué par gravure ionique profonde, plutôt que des pièces métalliques. La Freak fut ainsi la première montre-bracelet à intégrer des composants en silicium.

 L'échappement direct double en silicium est une autre raison pour laquelle les montres Freak sont encore populaires aujourd'hui : son rendement élevé permet de réduire le couple du ressort moteur et élimine le besoin de lubrification, gardant ainsi le cadran propre.

Cal.UN-240

Le calibre UN-240, de conception nouvelle, est visible à travers le fond transparent. Bien que sa réserve de marche soit plus courte que celle du premier modèle, sa taille reste suffisante et il est doté d'un mécanisme de remontage automatique à meule de haute performance. Par souci de praticité, le mécanisme de remontage du ressort de barillet par rotation du fond a été conservé. Le couple du ressort a été réduit et le mécanisme a été remplacé par un système à roulement, offrant ainsi une manipulation beaucoup plus fluide.

 Le dernier modèle Freak est le Freak One. Affichant un « retour aux sources », son design est identique à celui du modèle de 2001. Cependant, reflétant l'évolution d'Ulysse Nardin, ses composants internes ont été entièrement repensés. De plus, ce nouveau modèle Freak privilégie la praticité sans sacrifier l'individualité.

 Le changement le plus important concerne l'échappement et le régulateur. Comme sur le modèle précédent, le balancier est en silicium. Cependant, au lieu d'un simple poids en or placé sur la périphérie, un poids en or, permettant d'ajuster l'inertie, est fixé sur la lame en silicium. Ceci allège le balancier tout en augmentant son inertie. L'échappement est un ancre suisse classique. Toutefois, la roue d'échappement est en silicium et l'ancre est en DIAMonSIL ! Le choix délibéré d'une conception sûre est probablement motivé par des raisons pratiques.

 Le mécanisme de remontage automatique utilisé est celui des broyeurs (brevet suisse : CH713330), présenté lors du salon Freak Innovision II en 2017. Il double théoriquement les performances du mécanisme de remontage automatique à cliquet, pourtant très efficace. Ses deux principales caractéristiques sont la présence de quatre cliquets de remontage au lieu de deux, et la flexibilité de ces quatre cliquets, fixés à un cadre circulaire.

Broyeur automatique

La praticité de la Freak One est optimisée par le système de remontage automatique exclusif d'Ulysse Nardin. Le rotor est placé sur le dessus. En dessous se trouve un cadre en silicone auquel sont fixés quatre cliquets. Lorsque le rotor tourne, les cliquets s'engagent avec la roue de remontage au centre du mouvement, remontant ainsi le ressort de barillet.

 Sur la Freak, où le ressort de barillet est logé jusqu'au fond de la montre, son axe se situe au centre. La roue de remontage est placée par-dessus, et sa périphérie extérieure est grattée de cliquets pour la faire tourner : c'est le principe du remontage automatique à meuleuse. Avec un système à cliquet classique, il est difficile d'augmenter le nombre de cliquets, mais avec ce système, où les cliquets extérieurs s'enclenchent sur l'axe central, ce nombre peut théoriquement être augmenté à volonté. En résumé, plus il y a de cliquets, plus l'angle mort, c'est-à-dire la zone où le rotor tourne sans remonter le ressort, est réduit. De plus, la flexibilité des cliquets leur permet de suivre plus facilement la roue de remontage. Ulysse Nardin a sans doute jugé le remontage automatique à meuleuse, utilisé sur son modèle expérimental, pratique et l'a finalement adopté pour son modèle phare, la Freak One.

Schéma illustrant la structure de l'enroulement automatique du broyeur

Un schéma illustre la structure d'un mécanisme de remontage automatique pour meuleuse. Le schéma conceptuel en bas à gauche est le plus facile à comprendre. Quatre cliquets entourent un ressort moteur central. Lorsque le rotor tourne, les cliquets s'accrochent au ressort moteur et le remontent. Grâce à un angle mort réduit, ce mécanisme est théoriquement deux fois plus efficace qu'un mécanisme à rochet. Doté d'un ressort moteur central, ce mécanisme de remontage automatique est une exclusivité Freak.

 Le souci de la praticité se manifeste également dans les dimensions. Bien que de taille standard pour une montre-bracelet, les précédents modèles Freak étaient loin d'être petits. C'est pourquoi la marque a créé la Freak X compacte. En revanche, la nouvelle Freak One, malgré son mouvement automatique, ne mesure que 12 mm d'épaisseur. Son diamètre a également été réduit à 44 mm et sa longueur totale à seulement 52.3 mm. La boucle est une boucle déployante, offrant un excellent confort au poignet.

 La Freak One conserve son design extrêmement ambitieux tout en bénéficiant d'un mécanisme et d'une taille plus pratiques. C'est le modèle Freak par excellence, présent sur le marché depuis 2001. Franchement, qui aurait cru que la Freak serait adaptée à un usage quotidien ?



Coordonnées : Sowind Japan Tél. 03-5211-1791


Résumé des nouvelles montres Ulysse Nardin pour 2023

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Je la recommande à tous les amateurs de montres. Voici mes impressions après avoir porté l'Ulysse Nardin Freak X, une montre qui se démarque des montres trop techniques et conventionnelles.

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Découvrez les secrets qui se cachent derrière le nom d'Ulysse Nardin « Freak »

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