Après avoir fait carrière chez Patek Philippe, Laurent Ferrier fonda la société Laurent Ferrier afin de créer les montres dont il rêvait. Son fils aîné, Christian Ferrier, alors employé chez Roger Dubuis, rejoignit l'entreprise. Comment ces deux hommes ont-ils perfectionné les créations de Laurent Ferrier ? Les maîtres-mots qu'ils évoquent sont « harmonie » et « équilibre ».

Interview et texte de Masayuki Hirota (Chronos-Japon)
Édité par Yukiya Suzuki (Chronos-Japon)
[Article paru dans le numéro de septembre 2024 de Kronos Japan]
Laurent Ferrier et son fils dévoilent le secret de leur « Rêve d'horloger »

Masayuki HirotaQuelle était la raison qui vous a poussé à créer l'entreprise Laurent Ferrier ?
Laurent FerrierJ'ai créé l'entreprise quelques années après avoir quitté Patek Philippe. Tout a commencé lorsque j'ai offert une Nautilus à mon ami François Servanin après notre participation aux 24 Heures du Mans. Patek est magnifique, mais nous souhaitions créer nos propres montres. C'était un projet dont nous parlions simplement pendant les vacances, mais au moment de mon départ, Servanin m'a demandé si je voulais lancer une manufacture horlogère. J'ai donc décidé de me lancer. Je pensais confier la conception des mouvements à mon fils.
Christian FerrierNotre famille est très prudente. Mais quand j'ai appris que mon père allait créer une entreprise, j'ai su que le moment était venu. Cependant, nous n'avions pas de projet précis. Au départ, nous pensions fabriquer des montres.
Masayuki HirotaComment avez-vous trouvé vos fournisseurs ?
Laurent FerrierAu début, certains fournisseurs ont refusé. Mais la crise financière a éclaté et ils ont finalement accepté (rires). Je ne cherchais que les meilleurs fournisseurs, mais ils ont tous accepté la commande. Je travaillais dans l'horlogerie depuis longtemps et, à l'époque, nous ne produisions qu'une dizaine de montres. Christian était responsable du mouvement.
Christian FerrierMême lorsque je suis satisfait du mouvement que j'ai conçu, je le regarde avec le recul et je me dis : « C'était formidable. » Mes premiers associés, Michel Navas et Enrico Barbasini, avaient une grande expérience. J'ai beaucoup appris d'eux.

Masayuki HirotaQu'est-ce qui vous semblait important ?
Laurent FerrierHarmonie et équilibre. Le fond et le cadran sont parfaitement assortis, le fond est dépourvu de vis, le mouvement et le boîtier sont parfaitement équilibrés, la couronne est large et le remontage est fluide. Tous ces petits détails contribuent à faire de cette montre un véritable plaisir à porter.
Christian FerrierLa seule chose dont j'ai discuté avec mon père, c'était l'équilibre. Par exemple, le mécanisme de verrouillage du mouvement. À l'origine, il était placé ailleurs, mais la conception initiale prévoyait un positionnement horizontal. Si une pièce est horizontale, les autres doivent l'être aussi. Il est inacceptable qu'une seule pièce soit déséquilibrée.

Masayuki HirotaAlors pourquoi avoir décidé d'aller aussi loin ?
Laurent FerrierLes montres d'une certaine catégorie de prix se doivent d'être irréprochables. J'ai réalisé mon premier tourbillon dans l'espoir d'obtenir le meilleur résultat possible lors d'un concours de chronométrie. Cependant, le qualifier de meilleur au monde ne lui rend pas justice. Pour les gourmets, l'essentiel est que le plat soit bon. Ils sont satisfaits lorsque les détails sont parfaits.
Masayuki HirotaMais Laurent, lorsque vous étiez chez Patek Philippe, vous n'étiez pas en mesure de rencontrer les clients, n'est-ce pas ?
Laurent FerrierOui, je n'ai eu aucun contact direct avec les utilisateurs finaux. Mais avoir Henri Stern à mes côtés a été d'une grande aide. Les clients peuvent dire ce qui est bien ou mal, mais ils ne peuvent pas l'expliquer. Stern me l'a appris. Cette expérience a été inestimable. Il y a encore beaucoup de jeunes entreprises, mais je me demande si elles ne sollicitent pas les conseils de personnes expérimentées comme moi ?
Christian FerrierJe savais que ce modèle plairait aux amateurs de montres classiques, mais je ne m'attendais pas à un tel succès. Ce que je peux dire, c'est que nos montres sont celles que nous rêvions de créer.

Qui est Laurent Ferrier ?
Laurent Ferrier est une marque horlogère de luxe indépendante fondée en 2009 par Laurent Ferrier, un horloger diplômé d'une école d'horlogerie en 1968 et qui a passé de nombreuses années en formation chez Patek Philippe avant de quitter l'entreprise en 2008.
Laurent Ferrier a lui-même appris les bonnes vieilles techniques classiques de l'horlogerie chez Patek Philippe, et en y intégrant la technologie moderne, il a créé une montre unique qui allie beauté et précision, présentée pour la première fois à Baselworld en 2010.
L'individualité sans pareille de la marque, qui allie un design de boîtier élégant et équilibré inspiré des montres de poche du XIXe siècle, une gamme diversifiée de cadrans sobres mais élégants, et un mouvement de haute qualité fini à la main dans les moindres détails, a attiré l'attention des amateurs de montres avertis et, grâce au parcours de Laurent Ferrier, elle s'est rapidement fait un nom dans l'industrie horlogère, établissant une position unique qu'elle occupe encore aujourd'hui.
Les nouvelles montres de Laurent Ferrier pour 2024
Le nouveau modèle de Laurent Ferrier pour 2024 est la « Classic Moon », un calendrier annuel avec affichage des phases de la lune. Il s'inspire du calendrier annuel sorti en 2018, un chef-d'œuvre permettant un réglage rapide en avant et en arrière grâce à la couronne, ainsi qu'un changement de date quasi instantané. Cette année, Laurent Ferrier y a ajouté un affichage des phases de la lune d'une grande finesse, signature de la marque. Le couvercle de cet affichage est en émail.

Ce modèle ajoute un affichage des phases de la lune nord-sud à un calendrier annuel pratique. Les découpes carrées autour des affichages du jour et du mois s'harmonisent avec le design horizontal et améliorent la visibilité en laissant passer la lumière autour du calendrier. L'épaisseur accrue accentue encore davantage le motif galet. Remontage manuel (Cal. LF126.02). 25 rubis. 21 600 alternances par heure. Réserve de marche d'environ 80 heures. Boîtier en or jaune 18 carats (40 mm de diamètre, 12.9 mm d'épaisseur). Étanche à 3 bar. 15 510 000 yens (TTC).

Ce modèle remplace le cadran argenté satiné présenté ci-dessus par un cadran opalin bleu-gris. Les aiguilles sont en or blanc 18K, plus communément appelé « palladium 210 », comme sur le modèle de droite. De plus, ce modèle est doté d'une trotteuse blanche et d'une aiguille de date bleu pastel. Le boîtier poli à la main est particulièrement remarquable. Avec ses angles parfaitement arrondis, il offre une texture unique, à l'instar du mouvement. Le bracelet en nubuck est doublé d'Alcantara au lieu de caoutchouc, pour un confort optimal au contact de la peau. Les caractéristiques techniques restent identiques au modèle précédent. Boîtier en acier inoxydable. 13 365 000 yens (TTC).



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