La Kirium a vu le jour dans les années 1990, une période où TAG Heuer privilégiait un design novateur. Ce modèle, qui alliait l'élégance des lignes dessinées par Jorg Hysek à des spécifications professionnelles, a régné en maître. Nous réexaminons son charme moderne et intemporel ainsi que sa place dans l'histoire horlogère en analysant les détails de la montre.

Texte de Martin Green
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Initialement publié dans WatchTime
Reproduit avec la permission.
[Article publié le 5 janvier 2026]
TAG Heuer Kirium : Le fleuron des années 90 brille toujours
Modèle phare de TAG Heuer à la fin des années 1990, le chronographe automatique Kirium alliait un design visionnaire à une grande praticité au quotidien. Montre de sport discrètement moderne, elle demeure un classique méconnu.
Il est assez surprenant qu'un modèle populaire d'une marque de prestige, signé d'un designer renommé, puisse tomber dans l'oubli 15 ans après son arrêt de production. C'est pourtant le cas de la TAG Heuer Kirium. Ce sort est d'autant plus regrettable que ce modèle, souvent négligé, possède un charme indéniable qui pourrait surpasser ses semblables.
La vision de Jörg Hysek pour la prochaine génération
Commençons par son histoire. La Kirium a été introduite au catalogue en 1997 pour succéder à la série 4000. À l'époque, la marque appartenait encore au groupe Techniques d'Avant-Garde (TAG), l'organisation qui avait acquis Heuer en 1985 et ajouté « TAG » à son nom.
Ils ont fait appel au célèbre designer Jorg Hysek pour créer une montre de sport nouvelle génération, en phase avec les années 1990 et le nouveau millénaire. La Kirium a parfaitement rempli sa mission, connaissant un succès continu même après le rachat de TAG Heuer par LVMH en 1999, jusqu'à l'arrêt de sa production en 2008.
La fierté d'être au sommet, rivalisant avec Monaco
Dès sa sortie, la Kirium s'est imposée comme une redoutable concurrente dans le monde des montres de sport. La collection a débuté avec pas moins de 15 modèles différents, alliant avec brio mouvements à quartz et mécaniques, tous partageant le même boîtier et le même bracelet intégré, mais avec de subtiles différences de design soulignant leur caractère unique.
Ce chronographe automatique était l'un des modèles haut de gamme, et à l'époque son prix était comparable à celui du célèbre chronographe « Monaco » - un prix pleinement justifié étant donné que la Kirium était une montre de sport très moderne, alors, et à certains égards, encore aujourd'hui.
Conception ergonomique et intégrée
Bien que certains modèles soient également disponibles avec des bracelets en caoutchouc, Yzek a conçu la Kirium dès le départ avec un bracelet intégré. Ce bracelet, extrêmement robuste, épouse parfaitement la forme du poignet, offrant un confort optimal. Le diamètre relativement modeste du boîtier, d'un peu plus de 39 mm, contribue également à ce confort.

Le cadran est d'une grande pureté et d'une excellente lisibilité, reflétant parfaitement le style d'Yzek. Ce modèle étant une des premières versions du chronographe automatique Kirium, la mention « Automatic » est placée au-dessus du blason Tag Heuer à 12 heures, une position plutôt inhabituelle.

Le sous-cadran à 6 heures est le compteur 12 heures du chronographe, intégrant un guichet de date. Au-dessus figure l'indication d'étanchéité, toujours impressionnante avec ses 200 mètres. Une caractéristique digne d'une véritable montre de plongée, et plus encore d'un chronographe sportif. C'est cette haute étanchéité qui justifie la présence d'une lunette tournante unidirectionnelle sur le chronographe Kirium.
L'aiguille professionnelle qui a alimenté l'enthousiasme pour la F1
Bien que l'étanchéité soit assurée, la finesse et l'élégance des aiguilles semblent empêcher que la montre ne soit associée à la plongée extrême. C'est peut-être pourquoi, dès le départ, TAG Heuer a proposé deux jeux d'aiguilles différents pour la Kirium à trois aiguilles : un modèle arborait les mêmes aiguilles que le chronographe, tandis que l'autre était doté d'aiguilles « Mercedes » plus imposantes.
Au passage, il n'est peut-être pas anodin que TAG Heuer ait été le sponsor et le chronométreur de l'écurie McLaren-Mercedes F1 à l'époque, et que des montres Kirium aient été aperçues aux poignets de grands pilotes tels que Mika Häkkinen et David Coulthard.
Le mouvement trust et ses propositions pour l'ère moderne
Sous le fond vissé bat le calibre ETA 2894-2, un module chronographe dérivé du calibre ETA 2892-A2. Grâce à une conception ingénieuse, les poussoirs du chronographe sont quasiment invisibles, positionnés légèrement au-dessus de la couronne. Ce mouvement satisfait aisément aux normes chronométriques, et les modèles ultérieurs ont même obtenu la certification de chronomètre.

Sur le marché actuel, la collection Kirium est l'une des collections Tag Heuer les plus sous-estimées et injustement bon marché. Elle mérite une plus grande reconnaissance, mais représente aussi une opportunité fantastique pour tout collectionneur de montres débutant d'acquérir une montre de sport confortable, de qualité et, surtout, unique.

Au poignet, le design raffiné et le caractère affirmé de la Kirium continueront sans aucun doute de captiver celui ou celle qui la porte, ainsi que son entourage. Si le PDG de TAG Heuer est à la recherche du prochain classique à remettre au goût du jour, la Kirium est la candidate idéale. Cette montre a si bien vieilli qu'on pourrait croire qu'elle a été conçue hier.



