Exploration des mécanismes de montres d'exception. Analyse approfondie des nouveaux mouvements : 1re partie : Le « Cal. 1928 MC » de Cartier et les mouvements à énergie solaire.

CARACTÉRISTIQUES Article de magazine
2026.06.08

Depuis les années 2000, les horlogers établis et les marques de luxe renommées se sont concentrés sur le développement de mouvements complexes originaux et spectaculaires, se livrant une concurrence acharnée pour la suprématie. De plus, face au problème de la monopolisation des ébauches de mouvements par certains groupes, ils se sont efforcés d'internaliser la production des mouvements de base. Cependant, cette époque est révolue. Depuis 2015, avec l'essor des montres dites « de sport de luxe » qui ont conquis le marché horloger mondial, les acteurs clés du secteur ont commencé à investir davantage dans le design extérieur et les matériaux. Toutefois, tout en observant ces tendances, certains horlogers passionnés ont toujours reconnu l'importance de développer leurs propres mouvements et ont constamment fait progresser la recherche et le développement de nouveaux mouvements. Cet article explore les nouveaux mouvements incontournables, fruits de leurs efforts, en vérifiant et en expliquant leur véritable valeur.

Photos de Eiichi Okuyama et Masaru Mitamura
Photographies de Eiichi Okuyama, Yu Mitamura
Masamasa Hirota (ce magazine), Yukiya Suzuki (ce magazine) : Interview et texte
Texte de Masayuki Hirota (Chronos-Japon)
Texte et édition : Yukiya Suzuki (Chronos-Japon)
Edité par Yuto Hosoda (Chronos-Japon)
[Article paru dans le numéro de septembre 2025 de Kronos Japan]


Un mouvement spécialisé dans le design qui symbolise l'évolution de Cartier.

 La ligne Cartier Privé bénéficie aujourd'hui d'un accueil enthousiaste de la part des passionnés d'horlogerie. Alliant des designs iconiques du passé à des mouvements d'une grande fiabilité, Privé incarne la modernité de Cartier. Un modèle doté d'un mouvement inédit vient enrichir la ligne Privé : le chronographe monopoussoir Tortue, lancé en 2024, est un chef-d'œuvre qui illustre l'évolution de Cartier.

Chronographe Monopoussoir "Tortue"

Un chef-d'œuvre alliant finesse et design classique. La compacité du rouage et la symétrie des composants sont d'une rareté exceptionnelle. Parmi ses nombreux autres atouts, citons les ancres brossées et les biseaux, fruit d'une combinaison de finitions brossées et réalisées à la main. Le mouvement a été développé en collaboration avec Le Cercle des Horlogers. Remontage manuel (Cal. 1928MC). 23 rubis. 2 8800 alternances/heure. Réserve de marche d'environ 44 heures.

 Sous la direction de son ancien PDG, Cyril Vigneron, Cartier a connu une croissance significative. En misant sur ses créations emblématiques, en améliorant la qualité de ses finitions et en réduisant d'un tiers son taux de défauts, le « joaillier des rois » s'est imposé comme un horloger de renom. D'après les acteurs de la marque, son taux de défaillance est le deuxième plus bas parmi les horlogers suisses, témoignant ainsi de son savoir-faire exceptionnel.

 En conséquence, Cartier a réduit ses activités de haute horlogerie et s'est éloigné du développement de ses propres mouvements. Cette décision se comprend aisément, la priorité de la maison étant d'améliorer la fiabilité. Or, ayant atteint un certain niveau de fiabilité, Cartier a récemment commencé à commercialiser des mouvements sophistiqués. Parmi ceux-ci figurent la « Mass Mystérieuse », où le mouvement lui-même fait office de rotor, et le chronographe monopoussoir « Tortue », doté d'un mouvement d'une esthétique remarquable. C'est ce dernier que je souhaite aborder aujourd'hui.

Torture

Cartier « Tortue »
Ce nouveau modèle 2024 est une réinterprétation moderne du chronographe monopoussoir lancé en 1928. Son boîtier, aux dimensions plus proches de l'original, abrite un mouvement chronographe monopoussoir de conception nouvelle, le Cal. 1928 MC, spécialement adapté à la forme de la montre. Outre son esthétique raffinée, le fonctionnement du chronographe, activé par la couronne, est comparable à celui du modèle original. Remontage manuel (Cal. 1928 MC). Dimensions : 43.7 mm (hauteur) x 34.8 mm (horizontalité), 10.2 mm (épaisseur). Étanchéité : 30 m. Chaque modèle est une édition limitée à 200 exemplaires dans le monde.

 Les chronographes Cartier Collection Privée produits par Cartier durant son ère parisienne étaient équipés de mouvements chronographes fabriqués par l'ancienne manufacture THA. Le design était signé du célèbre François-Paul Journe. D'apparence classique, ce mouvement, pour obtenir un profil fin, utilisait un embrayage horizontal et un pignon oscillant similaires à ceux de l'ETA 7750. Cependant, pour la création d'un nouveau chronographe monopoussoir, Cartier a choisi de ne pas utiliser cet excellent mouvement. L'objectif était de concevoir un mouvement adapté à un boîtier tonneau. Ces dernières années, Cartier a produit des mouvements d'une grande polyvalence, mais pour ce modèle en édition limitée, la Maison a créé un mouvement chronographe monopoussoir entièrement nouveau.

 La priorité du nouveau calibre 1928 MC, comme pour l'ancien mouvement THA, était la finesse. C'est pourquoi le barillet est positionné avec un décalage extrême et le train d'engrenages est également agencé de manière compacte. Cartier ne communiquant aucune information, ce qui suit relève de la conjecture. La roue des secondes, située entre le barillet et le balancier, transmet l'énergie à la roue d'échappement via la roue des troisièmes (située au-dessus de la roue centrale des secondes du chronographe) et la roue des quatrièmes (également située au-dessus de la roue centrale des secondes du chronographe). Dans ce mouvement, une roue des quatrièmes supplémentaire, entraînée par la roue d'échappement, sert exclusivement à l'entraînement de l'aiguille des secondes. L'originalité (ou la complexité) du train d'engrenages, contrastant avec son apparence classique, s'explique par sa conception visant à intégrer un embrayage horizontal de type « bras de transport » tout en préservant la finesse du mouvement. L'adoption d'un tel train d'engrenages innovant pour des raisons esthétiques est caractéristique de la démarche contemporaine de Cartier.

Cal.1928 MC

Cal.1928 MC
Le calibre 1928 MC se distingue par sa finesse, sa symétrie et son allure classique. Si Cartier est fortement associé à la création de mouvements robustes et fonctionnels, la manufacture s'est récemment tournée vers la conception de mouvements plus axés sur le design. Cette approche, qui consiste à apporter des modifications significatives à des fins esthétiques, est comparable à celle des montres squelettes « Mass Mystérieuse » et « Santos-Dumont ». Son seul défaut réside dans son régulateur de type Etachron.

 Dans le même temps, Cartier a veillé à ce que l'apparence du mouvement soit aussi symétrique que possible. Comme le montre la photographie, des composants tels que le barillet et le balancier, la roue du compteur 30 minutes et la quatrième roue additionnelle, ainsi que le levier de commande et le levier du chronographe sont positionnés symétriquement. Bien que des mouvements de ce type existent, celui-ci est probablement le seul où même les ressorts régulateurs du levier de frein, qui bloque le levier de commande et la roue du chronographe, sont conçus pour être symétriques.

 Ce mouvement a d'ailleurs été développé en collaboration avec Le Cercle des Horlogers, une entreprise qui s'est fait connaître grâce à ses mouvements pour Louis Vuitton. On ignore dans quelle mesure elle a participé à la conception du chronographe monopoussoir Tortue, mais les finitions du mouvement sont incontestablement de leur fait.

 Le calibre 1928 MC témoigne de la maturité de Cartier. J'espère sincèrement que la Tortue, équipée de ce mouvement, sera rééditée !


Une montre à énergie solaire aux performances nettement améliorées grâce à une nouvelle technologie de cadran.

 La Tank Must SolarBeat™ de deuxième génération, d'apparence discrète, s'apprête à révolutionner l'horlogerie. Son mouvement à énergie solaire est identique à celui de son prédécesseur. Cependant, le cadran, grâce à ses innombrables perforations, optimise considérablement la captation de la lumière. De plus, sa texture évoque celle d'un cadran en métal haut de gamme. Cette tentative d'allier écologie et luxe sera-t-elle enfin couronnée de succès ?

Mât de réservoir Solarbeat™

La nouvelle Tank Must Solarbeat™, dévoilée en 2024, bénéficie désormais d'une énergie solaire répartie sur l'ensemble du cadran, et non plus seulement au niveau des index. Le temps de charge des cellules solaires est ainsi réduit de moitié. Pour s'harmoniser avec la finition légèrement mate du cadran, le bracelet a également été remplacé par un bracelet en veau grainé. Comme le montrent les photos, la qualité extérieure est excellente.

 Un mouvement solaire génère de l'électricité grâce à une cellule photovoltaïque située sous le cadran et la stocke dans une batterie secondaire. Cette électricité alimente ensuite un mouvement à quartz. Cartier a adopté cette technologie, souvent considérée comme une spécialité japonaise, pour la montre « Tank Must » Solarbeat™ lancée en 2022. Si ce modèle a rapidement suscité un vif intérêt auprès des professionnels du secteur, ce n'est pas seulement parce que Cartier s'est aventuré dans le domaine de l'énergie solaire, mais aussi parce que le système de captation de la lumière par la cellule photovoltaïque était totalement inédit. La plupart des montres solaires du marché utilisent du polycarbonate transparent ou du cristal saphir pour leur cadran, car la cellule photovoltaïque est située sous le cadran. Cartier, à l'inverse, a opté pour du laiton standard. La marque a choisi ce matériau afin d'obtenir la texture unique d'un cadran en métal.

Mât de réservoir Solarbeat™

La surface du cadran présente un aspect mat grâce à ses innombrables perforations laissant passer la lumière. Le groupe Richemont a obtenu un brevet pour ce procédé de fabrication (brevet suisse n° 720567, 13 septembre 2024). D'après la demande de brevet, les perforations mesurent 35 micromètres. De ce fait, « les perforations du cadran restent imperceptibles à l'œil nu ».

 En principe, la quasi-totalité des cellules solaires sont violettes. Par conséquent, lorsqu'un cadran translucide est utilisé, il s'assombrit inévitablement. Les fabricants japonais ont considérablement amélioré la texture des montres solaires, notamment en perfectionnant la finition du polycarbonate, mais les fabricants suisses ne possèdent pas ce niveau d'expertise. Seule exception : Tissot, qui a développé des cellules solaires colorées, protégées par un brevet. Comment, dès lors, améliorer la texture d'un cadran solaire ? Cartier, de son côté, a trouvé une solution : non pas opter pour un matériau translucide pour l'ensemble du cadran, mais en rendre translucide seulement une partie. Concrètement, la marque a découpé les grands chiffres romains, emblématiques de Cartier, et les a conçus pour capter la lumière par ces ouvertures. Ainsi, il est possible d'obtenir à la fois la texture d'un cadran métallique et une bonne transmission de la lumière.

 Cependant, la conception de la Tank Must Solarbeat™ semble avoir été trop ambitieuse. Comme l'ont révélé les personnes impliquées, les premiers mouvements Solarbeat™ étaient de piètre qualité et leur sensibilité à la lumière était inférieure aux attentes. Cartier s'est efforcé sans relâche d'améliorer le mouvement, mais les résultats n'ont pas été satisfaisants. Cela a conduit à la création de la Solarbeat™ de deuxième génération, d'apparence quasi identique, mais dotée de composants internes considérablement modifiés.

Schéma du cadran et du mécanisme de cellule solaire de la montre Solarbeat™ de première génération.

Voici un schéma du cadran et du mécanisme de cellule solaire de la SolarBeat™ de première génération. Sur ce modèle, la zone des index était découpée, et la lumière ne passait que par cette zone, générant ainsi de l'énergie grâce à la cellule solaire située en dessous. Sur la seconde génération, les index ont été remplacés par une multitude de minuscules perforations réparties sur l'ensemble du cadran, comme illustré sur la photo ci-dessus. Cette conception permet à la lumière de capter la lumière de toute la surface du cadran, améliorant ainsi considérablement l'efficacité de la réception lumineuse.

 La principale différence avec la nouvelle SolarBeat™ réside dans ses capacités de captation de la lumière considérablement améliorées. Prenons l'exemple du temps de charge nécessaire pour une journée complète d'utilisation. En extérieur, par temps ensoleillé, la première génération nécessitait 4 minutes, tandis que la seconde génération se recharge en seulement 2 minutes. Le temps minimum de redémarrage de la montre a également été réduit de moitié, passant d'une heure pour la première génération à 30 minutes pour la seconde (dans les mêmes conditions d'ensoleillement). De plus, les performances sont encore meilleures en faible luminosité. Dans un centre commercial, par exemple, il a fallu 112 minutes pour recharger la batterie et assurer une journée complète d'utilisation, contre 48 minutes pour la seconde génération. L'autonomie a également été multipliée par cinq environ, passant de 5 mois à 24 mois.

Mât de char

Cartier « Tank Must »
Voici le modèle SolarBeat™ de deuxième génération, qui conserve le mouvement solaire SolarBeat™ tout en améliorant considérablement la réception de la lumière grâce à une optimisation du système de captation de la lumière du cadran. La réserve de marche a également été largement étendue, passant d'environ 5 mois à 24 mois. Mouvement solaire SolarBeat™. Boîtier en acier inoxydable (29.5 x 22 mm, 6.6 mm d'épaisseur). Étanchéité à 3 ATM. Également disponible en format LM (33.7 x 25.5 mm, 6.6 mm d'épaisseur).

 L'atout majeur de cette nouvelle version réside dans son cadran. Le modèle précédent utilisait des trous dans les index pour capter la lumière, tandis que la seconde génération est percée de minuscules trous sur toute la surface du cadran. Le matériau utilisé n'est probablement pas du laiton, mais un métal ou un matériau plaqué métal. La finition du cadran semble avoir considérablement évolué, mais les trous captant la lumière présentent un aspect extrêmement mat. Grâce à cette finition, il devrait être possible d'obtenir n'importe quelle couleur réalisable par plaquage ou PVD, et pas seulement l'argent.

 Cartier avait précédemment indiqué que le mouvement Solarbeat™ serait utilisé dans d'autres modèles que la Tank. Si la deuxième génération de Solarbeat™ tient ses promesses, elle révolutionnera sans aucun doute l'avenir de l'horlogerie féminine.



Informations de contact : Service clientèle Cartier Tél. 0120-1847-00


D'une fiabilité exceptionnelle et unique, le chronographe à remontage manuel de Cartier, le Cal. 1928 MC [Une collection de mouvements chefs-d'œuvre]

Fonctionnalités

Je ne peux pas m'offrir le nouveau modèle 2024 de Cartier, mais le chronographe monopoussoir Tortue est un chef-d'œuvre parmi les chefs-d'œuvre !

Fonctionnalités

Cartier Tank Must Solar Beat™, une montre innovante qui inspire les hommes

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