En 2026, IWC a dévoilé une montre-bracelet conçue pour l'espace. La « Pilot's Watch Venturer Vertical Drive » est un modèle destiné aux astronautes, mais elle peut également être portée sur Terre. Nous avons eu l'opportunité de tester cette montre juste avant sa première mondiale au salon Watches & Wonders de Genève.

Texte de Rüdiger Bucher, initialement publié par WatchTime
IWC : Photo
Photographies d'IWC
Édité par Yousuke Ohashi (Chronos-Japon)
[Article paru dans le numéro de septembre 2026 de Kronos Japan]
Une montre-bracelet pour la Station spatiale internationale
IWC fabrique des montres d'aviateur depuis près de 90 ans, mais la manufacture de Schaffhouse a finalement décidé de franchir une nouvelle étape : l'espace. La nouvelle montre d'aviateur Venturer Vertical Drive est un garde-temps conçu spécifiquement pour une utilisation dans l'espace, notamment à bord de la Station spatiale internationale ou lors de sorties extravéhiculaires.

Les aiguilles des heures et des minutes, revêtues de peinture luminescente, présentent une forme de losange. L'aiguille UTC, également revêtue de peinture luminescente, arbore une forme de flèche pour une identification aisée. La lunette tournante, servant au réglage de l'heure et au remontage du ressort de barillet, est fine et crantée, témoignant d'un souci constant de la facilité d'utilisation. Remontage automatique (Cal. 32722). 21 rubis. 28 800 alternances/heure. Réserve de marche d'environ 120 heures. Boîtier en céramique x Ceratanium® (diamètre 44.4 mm, épaisseur 16.7 mm). Étanchéité 10 ATM. 4 079 900 yens (TTC).
C'est en cela qu'elle diffère sensiblement des autres montres utilisées dans l'espace ou testées pour un usage spatial, comme la célèbre Omega Speedmaster et les montres spatiales, anciennes et actuelles, de Fortis. Conçue à l'origine pour les astronautes en combinaison spatiale, cette montre peut également être portée sur Terre. L'inverse n'est certainement pas vrai.
Collaboration avec VAST
Dans le cadre de ce projet ayant mené à la réalisation de ce film, IWC a collaboré avec la société spatiale américaine VAST. Fondée en 2021 par Jed McCaleb, qui a fait fortune dans les cryptomonnaies, VAST est basée à Long Beach, en Californie. Spécialisée dans la construction de stations spatiales commerciales, l'entreprise ambitionne de construire sa propre station pour remplacer la Station spatiale internationale, dont la mise hors service est prévue en 2030. En 2025, elle a réussi le lancement de son satellite de démonstration, Haven Demo, acquérant ainsi sa première expérience en orbite. La première station spatiale commerciale, Haven 1, devrait entrer en service en 2027.

IWC a acquis une solide expérience dans le domaine spatial ces dernières années. Plusieurs de ses modèles ont accompagné les missions spatiales privées « Inspiration 4 » et « Polaris Dawn ». L’astronaute de l’Agence spatiale européenne, Thomas Pesquet, a également porté une montre IWC durant son séjour de six mois à bord de la Station spatiale internationale. Cependant, il s’agissait de montres d’aviateur terrestres adaptées à l’espace. Aujourd’hui, IWC a développé sa première montre spécifiquement conçue pour une utilisation spatiale.
Une montre-bracelet sans couronne
La collaboration avec VAST a imposé diverses exigences à cette montre. Parmi elles, la plus importante était la suppression de la couronne de remontage et de réglage de l'heure située à 3 heures.

La raison est simple. Du début de la mission jusqu'à la sortie de l'atmosphère, les astronautes doivent porter des combinaisons de compression, gants compris, qui limitent considérablement leurs mouvements. Dans ces conditions, il est plus facile d'actionner le poussoir situé à 9 heures avec le pouce droit que la couronne située à 3 heures.
IWC a donc conçu un système de lunette tournante actionné par un poussoir noir situé sur le côté gauche du boîtier. Le mécanisme d'embrayage qui transmet le mouvement de cette lunette au remontage et au réglage des aiguilles est appelé Vertical Drive.
Première impression du design
La montre d'aviateur Venturer Vertical Drive dégage indéniablement une allure futuriste au premier coup d'œil. Cela est dû à l'absence de couronne, à la présence d'un interrupteur à bascule proéminent et au contraste monochrome saisissant.
VAST, qui a collaboré avec IWC sur ce projet, a opté pour une stratégie visuelle axée sur le blanc : IWC a ainsi utilisé un boîtier en céramique blanche associé à un bracelet en caoutchouc FKM blanc. Le cadran noir et la lunette tournante en Ceratanium® noir créent un contraste saisissant.

Ceratanium® est un matériau développé exclusivement par IWC et déjà utilisé à plusieurs reprises. Grâce à un traitement spécial appliqué à un alliage à base de titane, sa surface se transforme en un matériau aux propriétés céramiques, offrant légèreté, dureté élevée et résistance aux rayures. On peut le qualifier de matériau adapté au secteur spatial.
Comme prévu, cette montre est incroyablement confortable à porter. Légère et agréable au poignet, elle ne présente aucune arête vive. Son boîtier de 44.4 mm de diamètre et de 16.7 mm d'épaisseur lui confère une présence affirmée, sans pour autant être trop imposante.

Heure et deuxième fuseau horaire
Honnêtement, l'affichage et les fonctions de cette montre sont un peu difficiles à appréhender au premier abord pour les Terriens. Ce qui frappe immédiatement, c'est l'échelle 24 heures sur le pourtour du cadran. Il s'agit de l'échelle de l'aiguille UTC, dont l'extrémité blanche en forme de flèche effectue un tour complet du cadran en 24 heures. L'aiguille des heures, quant à elle, effectue un tour complet en 12 heures.
Autrement dit, sur terre, cette montre fonctionne comme une Traveler GMT classique, une montre de voyage avec affichage d'un second fuseau horaire. En utilisation normale, l'aiguille UTC peut servir d'affichage 24 heures ; ainsi, même si l'aiguille des heures pointe vers 10 heures, vous pouvez instantanément déterminer s'il est le matin ou l'après-midi en consultant l'heure indiquée par l'aiguille UTC. Lors d'un voyage dans un autre fuseau horaire, seule l'aiguille des heures peut être ajustée indépendamment par incréments d'une heure pour correspondre à l'heure locale. Les aiguilles des minutes et des secondes continuent de se déplacer pendant ce temps, garantissant ainsi la précision. L'aiguille 24 heures continue d'afficher l'heure de référence comme auparavant.

En revanche, pour les astronautes à bord de la Station spatiale internationale, il est plus pratique de synchroniser l'aiguille des heures et l'aiguille UTC. Dans ce cas, l'aiguille UTC sert d'affichage 24 heures ou d'indicateur jour/nuit. La Station spatiale internationale orbitant autour de la Terre en environ 90 minutes, et l'équipage observant jusqu'à 16 levers de soleil par jour, un affichage 24 heures leur permettrait de ne pas se désorienter dans le temps.
Clarté du cadran
IWC a cherché à concevoir un cadran aussi minimaliste que possible, afin de ne pas surcharger le porteur d'informations. Cependant, cette approche présente des inconvénients. Tout d'abord, l'aiguille des heures ne dispose d'aucune échelle dédiée. L'affichage 12 heures est dépourvu d'index et même d'échelle. Seuls les chiffres pairs de 2 à 24 permettent de l'identifier, mais il s'agit de l'aiguille UTC, et non de celle des heures. Pour une meilleure lisibilité, un index 12 clairement défini, soulignant son épaisseur et sa longueur, aurait été nécessaire pour le distinguer nettement des autres indications.
Le second inconvénient est une illusion d'optique due à la présence des chiffres pairs (2 à 24) pour l'affichage sur 24 heures juste à côté des graduations des 60 minutes sur le cadran extérieur. En présence de graduations entre les chiffres pairs, l'utilisateur pense inconsciemment, à tort : « Cette ligne doit représenter une heure impaire, comme 19 ou 21 », et se met à la chercher. Or, les traits du cadran extérieur ne sont que 60 traits représentant les minutes. Les échelles pour 24 heures et 60 minutes étant différentes, aucun trait n'indique précisément les heures impaires.
Cependant, cette confusion se dissipe rapidement. Une fois la signification de chaque graduation comprise, la montre devient très lisible. L'élément le plus clair est l'échelle des secondes, gravée sur le réhaut, entre le cadran et le réhaut. Séparée du cadran par un fin anneau bleu, elle correspond parfaitement à l'aiguille des secondes, elle aussi bleue.
Un troisième problème subsiste cependant : l’aiguille UTC est relativement courte. IWC l’a probablement conçue ainsi pour éviter toute confusion avec une échelle particulière, notamment celle des secondes. L’aiguille UTC pointe uniquement vers les nombres pairs sur le réhaut. Toutefois, compte tenu de l’importance de l’affichage 24 heures dans l’espace, il s’agit d’un léger inconvénient.
Par ailleurs, cet affichage repose sur un contraste monochrome. Sur le cadran noir mat à faible réflectivité, les extrémités des aiguilles des heures et des minutes en forme de losange, revêtues de peinture lumineuse blanche, et l'aiguille UTC en forme de flèche se détachent nettement. La lisibilité est ainsi optimale de jour comme de nuit. De plus, le guichet de date à 3 heures complète l'affichage. Les chiffres blancs de la date sont affichés sur un disque noir avec la même police que l'affichage 24 heures, ce qui leur confère une forte présence.
Fonctionnement de l'interrupteur à bascule
La caractéristique la plus distinctive de la Venturer réside dans son système innovant de remontage et de mise à l'heure. Dépourvue de couronne, son fonctionnement est assuré par un loquet à bascule à trois positions situé à 9 heures. En position neutre, le remontage manuel est possible en tournant la lunette dans le sens antihoraire. Cependant, grâce à son mouvement automatique, le calibre 32722, elle se remonte également automatiquement par les mouvements du poignet. Ce calibre offre une réserve de marche d'environ 120 heures.
Ensuite, une légère poussée vers le haut sur le bord inférieur de l'interrupteur permet de passer à la fonction suivante. Dans ce mode, vous pouvez régler l'aiguille des heures en faisant tourner la lunette. Cela vous permet de configurer un second fuseau horaire. Avec un peu de pratique, vous maîtriserez rapidement le positionnement de l'interrupteur.
La réussite est impossible sans pratique.
L'étape suivante, le réglage de l'heure, y compris de l'aiguille des minutes, est plus délicate. Elle nécessite d'appuyer latéralement sur la partie inférieure de l'interrupteur à bascule selon un angle précis. Rien ne se passera si vous ne trouvez pas le point de contact exact. Il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour maîtriser cette opération. Ce serait encore plus difficile à réaliser à travers un gant de combinaison spatiale qu'à mains nues sur Terre.
Cependant, il est possible que ce problème soit spécifique au prototype que j'ai testé. Un autre exemplaire, que j'ai manipulé lors de la présentation officielle d'IWC au salon Watches & Wonders de Genève à la mi-avril, était beaucoup plus facile à utiliser. Un léger clic se fait entendre lors de la bonne manipulation. L'interrupteur se verrouille et la trotteuse s'arrête. Dans cet état, la rotation de la lunette entraîne le mouvement simultané des trois autres aiguilles.
Il y a cependant un problème. La séquence de réglage technique décrite précédemment, celle dans laquelle IWC fournit les informations dans ses documents de presse, n'est pas optimale pour l'utilisateur. En effet, si le réglage de l'heure n'est pas parfaitement précis, il est préférable de commencer par régler l'heure actuelle, puis le second fuseau horaire. Autrement dit, en pratique, on ajuste d'abord l'heure, y compris l'aiguille des minutes, puis on règle l'aiguille des heures individuellement. Il s'agit d'une légère incohérence de conception, mais elle ne constitue pas un obstacle majeur à l'utilisation.
Tests approfondis en environnement spatial
VAST effectue actuellement trois types de tests sur le jeu à son siège social de Long Beach.

Le test de vibration a simulé les contraintes subies lors d'un lancement de fusée, atteignant un maximum de 9.56 G. Le test de décompression a vérifié le comportement de la montre lors d'une chute brutale de pression atmosphérique, confirmant que son verre ne se détacherait pas. Toutefois, sur la suggestion de VAST, IWC a ajouté un film protecteur sur la surface du verre afin d'éviter la projection d'éclats à l'intérieur du boîtier en cas de bris.
De plus, des tests de compatibilité des matériaux ont permis de vérifier l'émission de composés organiques volatils par la montre, car ceux-ci pourraient potentiellement avoir des effets néfastes sur l'équipage et les systèmes de survie de la station spatiale.
Au final, le projet a passé tous les tests avec succès et a satisfait aux normes environnementales de Haven 1, ce qui a permis d'obtenir la certification officielle de vol spatial de VAST.
Conclusion
Choisir la montre d'aviateur IWC Venturer Vertical Drive, c'est s'offrir une montre au design impressionnant et captivant. Conçue spécifiquement pour les astronautes, elle possède une forte personnalité. Si son affichage et son fonctionnement nécessitent un temps d'adaptation, elle se révèle ensuite parfaitement pratique au quotidien.
Cependant, cette montre spatiale est loin d'être bon marché. IWC la propose au prix de 4 079 900 yens.




