Chaque chose a un nom, et chaque nom a une signification et une raison d'être. Alors, quelle est l'origine du nom de cette montre célèbre ? Dans cette rubrique, nous explorerons les secrets qui se cachent derrière les noms de montres et les présenterons à travers des anecdotes.
Cette fois-ci, nous allons explorer l'origine du nom de la Blancpain Fifty Fathoms, que l'on peut considérer comme l'ancêtre des montres de plongée modernes.
Photographies de Masanori Yoshie
Articles publiés en novembre 2020
Blancpain « Fifty Fathoms »

Cette montre classique, lancée par Blancpain en 1953, peut être considérée comme l'ancêtre des montres de plongée. Son cadran noir, ses grands index luminescents et son boîtier de grand diamètre, préfigurant le design et les fonctionnalités des montres de plongée modernes, furent choisis à la demande du capitaine Robert « Bob » Maloubier, qui recherchait une montre de plongée adaptée aux commandos de la Marine nationale française. Remontage automatique. 17 rubis. 1 8000 alternances par heure (selon notre équipe). Acier inoxydable (42 mm de diamètre). Étanche à environ 100 mètres (à l'époque). Produit de référence.
La Blancpain Fifty Fathoms est considérée comme la montre de plongée originelle. Elle a vu le jour en 1953. La question de savoir laquelle, la Rolex Submariner ou la Blancpain Fifty Fathoms, également née en 1953, est apparue en premier, alimente sans cesse les discussions des passionnés d'horlogerie. Il semblerait toutefois que la Fifty Fathoms ait été officiellement présentée en premier (le prototype de la Submariner a été réalisé en 1953, mais le modèle officiel n'a été dévoilé qu'à la foire de Bâle de 1954).
La Fifty Fathoms se distingue notamment par l'adoption, pour la première fois, d'une lunette tournante avec système de verrouillage et de propriétés antimagnétiques, caractéristiques qui constituent aujourd'hui la définition même des montres de plongée. Son excellente lisibilité préfigurait également les performances et les fonctionnalités attendues de ces montres. La Fifty Fathoms est un véritable chef-d'œuvre historique, ayant posé les bases de la montre de plongée.
Une autre caractéristique remarquable du Fifty Fathoms est la quantité exceptionnellement importante de documents, d'archives et d'anecdotes détaillés concernant son développement qui ont été conservés.

Ce dernier modèle bénéficie d'une réduction de poids significative grâce à la suppression du boîtier interne et à l'adoption d'un boîtier en titane. Malgré ce changement, la Fifty Fathoms conserve son allure luxueuse, tandis que sa légèreté la rend encore plus agréable à porter. Mouvement automatique (Cal. 1315). 35 rubis. 2 8800 alternances par heure. Réserve de marche d'environ 120 heures. Boîtier en titane (diamètre 45.00 mm, épaisseur 15.40 mm). Étanche à 300 m. Prix : 155 million de yens (hors taxes).
L'histoire de la création de la Fifty Fathoms peut se résumer ainsi : Jean-Jacques Pfister, alors PDG de Blancpain, était un plongeur chevronné qui développait une montre de plongée sous-marine forte de sa longue expérience. Au même moment, le capitaine Robert « Bob » Maloubier et le lieutenant Claude Riffaud, qui venaient de créer l'unité de plongée spéciale de la Marine nationale, recherchaient en vain une montre adaptée à leurs besoins. De cette rencontre naquit la Fifty Fathoms.
Et il y a d'autres anecdotes, comme celle-ci : si Pfister a voulu développer une montre de plongée, c'est parce qu'il a accidentellement épuisé toute l'air de sa bouteille lors d'une plongée, et cette expérience terrifiante lui a fait prendre conscience de l'importance de bien gérer le temps de plongée.
Le Fifty Fathoms était vendu en France par Spirotechnique, une entreprise spécialisée dans le matériel de plongée. Spirotechnique entretenait une relation de longue date avec l'océanographe Jacques-Yves Cousteau, et l'on raconte que Cousteau utilisa le Fifty Fathoms dans le documentaire « Le Monde du silence », ce qui contribua à sa notoriété.
Le capitaine Maloubier et le lieutenant Riffaud ont demandé à Blancpain d'utiliser de grands chiffres, des index et des aiguilles à fort contraste pour faciliter la lecture du cadran noir, et d'équiper la montre d'une lunette tournante avec une échelle permettant de marquer le début d'une plongée.
Le frère de Pfister, René, rencontra Allen V. Tornek à New York, qui acquit les droits de représentation de Blancpain aux États-Unis. Afin d'éviter les droits de douane élevés imposés sur les montres importées, une société distincte, Tornek-Rayville, fut créée aux États-Unis (le nom officiel de Blancpain à l'époque était Rayville-Blancpain). Grâce aux négociations acharnées de Pfister et Tornek, la Fifty Fathoms fut officiellement adoptée par l'US Navy.
Plus on approfondit ses recherches sur ces personnes, ces lieux, ces événements et même ces déclarations, plus on découvre d'informations abondantes et détaillées. Le plus étonnant, c'est l'absence totale de contradictions ou d'incohérences. C'est véritablement extraordinaire. Difficile de croire qu'une telle chose existe, et pas seulement dans le domaine de l'horlogerie. L'histoire de la Fifty Fathoms est aussi bien écrite qu'un roman.
