2019 marque le 50e anniversaire de la TAG Heuer Monaco. Pour TAG Heuer, leader des chronographes, cette année représente une étape importante, l'occasion de célébrer les modèles emblématiques de la marque et de retracer l'histoire du chronographe. Le premier chronographe TAG Heuer figurait au catalogue de la marque en 1882. Depuis, les innovations technologiques n'ont cessé d'évoluer, jusqu'à aujourd'hui. Nous vous présentons ici sept modèles marquants de l'histoire des chronographes TAG Heuer.
Texte de Gisbert Brunner
Articles publiés en juin 2020
1. Pignon oscillant (1887)
L'objectif d'Édouard Heuer, fondateur de Heuer, était de rendre le chronographe plus simple et plus abordable sans compromettre sa précision ni sa fiabilité. Au XIXe siècle, alors que les embrayages horizontaux étaient la norme pour les chronographes, Heuer recherchait une solution plus simple pour relier le chronographe au mouvement. Le 3 mai 1887, il breveta le « pignon oscillant », également appelé « pignon de verrouillage ». Il s'agissait d'un axe principal muni de pignons à ses deux extrémités. L'un des pignons s'engrenait avec la roue des secondes, tandis que l'autre entraînait les engrenages du chronographe lorsque celui-ci était en marche. À l'arrêt du chronographe, le pignon se désengageait des engrenages. Ce mécanisme, d'une grande efficacité, devint un standard de l'horlogerie et est encore utilisé aujourd'hui dans des mouvements de type « chronobluff », comme l'ETA 7750.

2. Micrographie (1916)
En 1914, Charles-Auguste Heuer II se lança dans le projet le plus ambitieux jamais entrepris par la manufacture. Il demanda à ses horlogers de concevoir un chronomètre dix fois plus précis que toutes les montres existantes. Quelques mois plus tard, un prototype parfaitement fonctionnel était réalisé. Il oscillait à 36 000 alternances par heure, permettant une mesure du temps au centième de seconde près. Logé dans un boîtier de montre de poche simple, il était doté d'une large couronne faisant également office de poussoir pour le chronographe. L'aiguille du chronographe effectuait une rotation rapide toutes les trois secondes, et un compteur de deux minutes était situé à 12 heures. Le mouvement était équipé d'un échappement antimagnétique et d'un spiral Breguet. Heuer breveta le mécanisme du chronographe le 2 octobre 1916. Le Mikrograph était vendu 100 francs suisses, et la brochure promotionnelle annonçait : « Malgré son prix modique, il est capable de mesurer de courtes durées avec une précision extrême. »

3. Carrera (1963)
La Carrera fut la première montre phare de la marque. Jack Heuer, arrière-petit-fils du fondateur Edouard Heuer et PDG de Heuer, la baptisa du nom de l'incroyable course Carrera Panamericana, longue de 3 200 kilomètres, qui se déroula au Mexique de 1950 à 1954 (suspendue en raison de sa dangerosité, elle reprit en 1988). Son design distinctif se manifeste notamment par le cadran, dont le rehaut est incliné à 45° vers le haut, en direction du pourtour. Cette inclinaison augmente le diamètre du cadran de 2 mm, améliorant ainsi la lisibilité. Heuer a également encastré les sous-cadrans pour accentuer la profondeur visuelle. Enfin, la suppression du télémètre et du tachymètre a permis d'optimiser la lisibilité.

4. Monaco (1969)
En 1969, le premier mouvement à quartz était mis au point et sur le point d'être commercialisé. Pourtant, personne ne s'inquiétait initialement de la menace potentielle qu'il représenterait pour les montres mécaniques. Ce n'était pas le cas pour Jack Heuer, le quatrième président de Heuer. À cette époque, les ventes de chronographes à remontage manuel stagnaient, aussi, en 1965, Heuer s'associa à Breitling, Hamilton-Büren et Dubois-Dépraz pour développer un mouvement de chronographe automatique. Ce mouvement, baptisé Calibre 11, entra en production de masse en 1969 (la même année où Zenith et Seiko lancèrent également leurs propres chronographes automatiques). Heuer investit 4 50 francs suisses dans le développement du Calibre 11. Le mouvement était logé dans un boîtier carré étanche en acier inoxydable. Passionné de course automobile, Jack Heuer baptisa la montre Monaco, en référence au Grand Prix de Formule 1 de Monaco. Avec des budgets publicitaires limités, l'entreprise chercha des moyens économiques de la promouvoir. Heuer a choisi le pilote suisse de Formule 1 Jo Siffert comme égérie pour promouvoir la Monaco (Siffert est décédé dans un accident de course en 1971). Steve McQueen portait la combinaison de course originale de Siffert avec la Monaco dans le film « Le Mans » de 1971. Aujourd'hui, la Monaco est une pièce de collection.

5. Chronosplit Manhattan GMT (1977)
L'affichage numérique de l'heure ne convient pas à tous, car les personnes ayant une mauvaise vue peuvent avoir des difficultés à lire les petits chiffres. Certains préfèrent un affichage analogique avec aiguilles et index, plus lisible. La Chronosplit Manhattan GMT, disponible en versions analogique et numérique, a été lancée en 1977. Heuer la décrivait comme « une montre pour ceux qui recherchent plus qu'une montre à quartz classique ». Le boîtier est en acier inoxydable et la moitié du cadran hexagonal, du centre jusqu'à 6 heures, affiche les heures, les minutes et les secondes par des aiguilles, avec un guichet de date à 4 heures. Le mouvement analogique fonctionne indépendamment de l'affichage LCD. Des boutons de réglage des différentes fonctions sont situés sur le bord du boîtier, à 12 heures. Même lorsque le chronographe est en marche, l'utilisateur peut afficher le fuseau horaire actuel au format 24 heures (d'où l'appellation GMT). Le jour et la date peuvent également être affichés numériquement.

6. Mikrotimer Flying 1000 (2011)
Démontrant son leadership dans le domaine des chronographes mécaniques de haute précision, TAG Heuer a présenté le Mikrotimer Flying 1000 à Baselworld 2011. Ce modèle a réalisé une prouesse inédite en horlogerie mécanique : une précision au 1/1000e de seconde. À l’instar du Mikrograph au 1/100e de seconde, ce modèle est doté de deux mouvements distincts, chacun avec son propre régulateur et échappement. Le chronographe bat à une fréquence stupéfiante de 360 000 alternances par heure (500 Hz). Son spiral court, large et robuste a été développé en collaboration avec Atokalpa, filiale de la Fondation familiale Sandoz (qui possède également Parmigiani Fleurier). Ce spiral est couplé à un échappement spécialement conçu. Les oscillations du spiral sont initiées et arrêtées par des impulsions et des freins commandés par une roue à colonnes, agissant directement sur le spiral (la montre ne possède pas de balancier). L’aiguille centrale des secondes du chronographe effectue 10 tours par seconde. Pour lire le temps écoulé au millième de seconde, il faut additionner les centièmes et les millièmes de seconde, indiqués par la longue aiguille centrale verte des secondes du chronographe. Les dixièmes de seconde sont affichés sur un sous-cadran (qui effectue une rotation complète en cinq secondes). La réserve de marche du chronographe est de trois minutes et demie. L'affichage de l'heure est assuré par un régulateur oscillant à 28 800 alternances par heure.

7. TAG Heuer Carrera Calibre Heuer 02 Tourbillon Chronographe (2016)
Le mouvement de cette montre est dérivé du calibre CH-80, un chronographe de manufacture TAG Heuer lancé en 2014 (TAG Heuer a interrompu la production du CH-80 peu après sa sortie, souhaitant se concentrer sur son premier mouvement de manufacture, le calibre 1887). Ce mouvement, doté d'un tourbillon volant, possède un seul barillet, est certifié COSC et offre une réserve de marche d'environ 65 heures. TAG Heuer fabrique les principaux composants du mouvement en interne, l'assemblage étant réalisé à Chevenez (le spiral est fabriqué par Atokalpa). Le boîtier, de conception modulaire, est composé de 12 pièces. Cependant, ce qui est particulièrement remarquable, ce ne sont ni le mouvement ni le boîtier, mais son prix. À l'époque, il était étonnamment abordable pour un tourbillon suisse, aux alentours d'un million de yens, témoignant de l'engagement constant de la marque à proposer des montres accessibles.

Informations de contact : LVMH Montres et Joaillerie Japon TAG Heuer Tél. 03-5635-7054

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