Fondée en 1735 par l'horloger Jean-Jacques Blancpain à Villeret, dans le Jura suisse, Blancpain est considérée comme la plus ancienne marque horlogère au monde. Forte d'une longue histoire, la maison Blancpain s'est imposée comme une référence dans l'horlogerie contemporaine grâce à son engagement indéfectible envers la production de montres mécaniques depuis sa création et à sa contribution au renouveau et au développement de l'industrie. Cet article explore le charme de la Villeret, un modèle classique parmi les nombreux chefs-d'œuvre de Blancpain, avec son design sobre et intemporel, ainsi que celui de la Fifty Fathoms, ancêtre des montres de plongée modernes.

Texte de Yukiya Suzuki (Chronos Japan Edition)
(Article publié le 2 décembre 2021)
L'histoire de sa réputation de « plus ancienne marque horlogère du monde » et sa légitimité en tant que force motrice du renouveau des montres mécaniques
Les origines de Blancpain remontent à 1735, lorsque Jean-Jacques Blancpain s'installe comme horloger à Villeret, dans le Jura suisse, et fonde la Maison qui porte son nom. C'est pourquoi Blancpain est considérée comme la plus ancienne marque horlogère au monde encore en activité. Transmise de génération en génération depuis près de deux siècles, elle a su, malgré les aléas de l'histoire, continuer à se construire jusqu'à nos jours.
Si les racines de Blancpain plongent dans la collection Villeret, qui porte encore son nom, la marque puise également son origine dans la Vallée de Joux, où Louis-Élysée Piguet fonda en 1859 un atelier spécialisé dans les mouvements compliqués. En 1891, il acquit une ancienne manufacture située sur une colline au cœur du Brassus, dans la Vallée de Joux. Blancpain baptisa cette manufacture « Ferme » et y perpétua sa tradition des mouvements compliqués. Après une période de déclin pour les montres mécaniques dans les années 1970, face à la popularité croissante des montres à quartz, Blancpain annonça le renouveau de la montre mécanique dans les années 1980 en produisant des modèles plus aboutis. C’est ainsi que naquit en 1991 la 1735, une montre automatique inédite combinant six complications.
Aujourd'hui, l'atelier Le Brassus continue de développer des mécanismes complexes tels que les répétitions minutes, les chronographes à rattrapante, les carrousels et les tourbillons. La maison abrite également un atelier Métiers d'Art, où les horlogers appliquent des techniques de gravure et d'émaillage miniature d'une grande finesse aux cadrans et aux composants du mouvement, et intègrent des techniques inédites dans l'horlogerie de luxe, comme le shakudo (cuivre rouge) et le charbon binchotan japonais. Ces techniques repoussent sans cesse les limites de l'horlogerie, témoignant d'une volonté constante de perfectionnement.

(À droite) Manufacture Blancpain au Sentier, dans la Vallée de Joux. Depuis Louis-Élisée Piguet, le fabricant de mouvements Frédéric Piguet produit les mouvements Blancpain. En 2010, Blancpain a intégré pleinement l'entreprise et l'a rebaptisée Manufacture Blancpain.
Une période marquante de la longue histoire de Blancpain est la transition des montres de poche aux montres-bracelets et leur adoption généralisée du début au milieu du XXe siècle. Durant cette période, Blancpain a produit plusieurs montres emblématiques qui continuent d'influencer l'horlogerie. Parmi elles, la Fifty Fathoms, ancêtre de la montre de plongée moderne, lancée en 1953, et la Ladybird, sortie en 1956 avec un mouvement de 11.85 mm de diamètre pour les femmes. Ces pièces iconiques, symboles de Blancpain, sont toujours portées aujourd'hui et témoignent de l'engagement constant de la marque envers la préservation et le développement de l'horlogerie mécanique.
En 1961, Blancpain fusionna avec la Société Suisse pour l'Industrie Horlogère (SSIH), qui comprenait également Omega, Tissot et Lemania, pour devenir le centre de production de mouvements du groupe SSIH. Cependant, dans les années 1970, l'industrie horlogère suisse fut confrontée à une crise sans précédent due à la diffusion des montres à quartz. Blancpain sut néanmoins surmonter rapidement cette épreuve.
Depuis sa renaissance en 1983, Blancpain s'est concentrée sur le développement et la fabrication de montres mécaniques, et a créé six montres à complications, les « Six Chefs-d'œuvre », qui incarnent le summum de son savoir-faire. En proposant six modèles intégrant des mécanismes complexes, toujours très exigeants aujourd'hui – extra-plat, phase de lune, chronographe à rattrapante, calendrier perpétuel, tourbillon et répétition minutes –, Blancpain s'est imposée dans l'industrie horlogère comme une pionnière à l'aube de l'essor des montres mécaniques.

En particulier, la phase de lune avec son « visage » possède un aspect nostalgique qui a suscité des sentiments romantiques à l'égard des montres mécaniques, devenant un mécanisme qui symbolise Blancpain.
Nous nous concentrons ici sur deux des collections les plus représentatives de Blancpain, la Villeret et la Fifty Fathoms, et présentons 10 modèles soigneusement sélectionnés avec leurs détails.
Depuis sa fondation, Blancpain n'a cessé de produire des montres mécaniques, perpétuant ainsi les traditions et le savoir-faire technique de l'horlogerie suisse et offrant à chacun la possibilité d'en profiter. Il convient de rappeler que cette longue histoire et la fidélité à ces valeurs s'expliquent par la philosophie de son actuel président-directeur général, Marc A. Hayek, pour qui « l'innovation est une tradition ».
Blancpain a toujours été à l'avant-garde de l'horlogerie mécanique grâce à sa quête d'innovation et à son évolution constante. Bien entendu, les modèles classiques Blancpain présentés ici témoignent également de cette tradition d'innovation qui caractérise la marque.
La collection Villeret, digne héritière des montres mécaniques
Blancpain a été fondée à Villeret, dans le Jura suisse, par Jean-Jacques Blancpain en 1735. La collection Villeret est la collection la plus classique de la Manufacture, portant le nom du lieu de naissance de la marque.
Parmi les nombreuses collections Blancpain, la Villeret possède le design le plus classique et le plus simple, et comme son nom l'indique, c'est un modèle qui a pour mission d'hériter et d'incarner la tradition et le sens esthétique de Blancpain.

Son boîtier fin, fidèle à la tradition classique, est rehaussé d'une lunette à double gradin qui lui confère une élégance discrète. Les index appliqués en or lui donnent du relief et une présence affirmée, tout en améliorant la lisibilité. Mouvement automatique (Cal. 1150). 28 rubis. 21 600 alternances par heure. Réserve de marche d'environ 100 heures. Boîtier en or rouge 18 carats (diamètre 38.00 mm, épaisseur 8.35 mm). Étanche à 30 mètres. Prix : 2 046 000 yens (TTC).
Le cadran, d'une simplicité épurée, est orné d'index en or appliqués à la main. Ces index tridimensionnels, à la finition or polie, offrent un contraste saisissant avec le cadran et garantissent une lisibilité optimale.
De plus, le boîtier fin, héritier de la tradition des montres habillées, est doté d'une lunette à double étage, ce qui confère à la montre une individualité et une dignité affirmées au sein de sa silhouette épurée et élancée, tout en lui conférant une forme iconique.

(À droite) Les aiguilles des heures et des minutes, en forme de feuille de sauge, sont évidées en leur centre, ce qui allège la montre tout en améliorant la lisibilité en évitant de masquer complètement le guichet de la date lorsqu'elles se chevauchent. La trotteuse, plus fine, est suffisamment longue et astucieusement équilibrée par un contrepoids portant les initiales du fondateur, « JB ».

(À droite) Le fond saphir transparent révèle le calibre 1150. Il est doté d'une platine et de ponts perlés et décorés de Côtes de Genève, d'un rotor en or à motif nid d'abeille et d'un spiral en silicium.
Tout en conservant les racines et les traditions de la marque, les montres Villeret d'aujourd'hui présentent un design contemporain, avec un équilibre exquis entre un cadran simple, des aiguilles des heures et des minutes évidées en forme de feuilles de sauge et une fine trotteuse dont les initiales du fondateur Jean-Jacques Blancpain servent de contrepoids, créant ainsi une harmonie remarquable avec l'ère moderne.
Comparée à la Villeret Extra Slim trois aiguilles avec date, la Villeret Calendrier Complet, avec son affichage des phases de la lune, est considérée comme la plus emblématique de Blancpain. Elle offre non seulement une esthétique raffinée, mais aussi une grande praticité grâce à l'affichage du mois, de la date et du jour de la semaine. Cette combinaison d'affichage mécanique des phases de la lune et d'un calendrier complet (mois, date et jour de la semaine) est une tradition que Blancpain a remise au goût du jour en 1983, devançant ainsi ses concurrents, et qui demeure aujourd'hui encore un héritage précieux de la collection Villeret.
Les atouts de Blancpain dépassent cette « tradition ». Sur la Villeret Calendrier Complet, les correcteurs (boutons de réglage) du mois, de la date, du jour de la semaine et de la phase de lune sont tous situés au dos des quatre cornes, permettant un réglage sans outil spécifique. De ce fait, les correcteurs présents sur le côté du boîtier du modèle classique à triple calendrier et phases de lune ont été supprimés, offrant ainsi une montre plus épurée et plus élégante. Par ailleurs, l'absence d'outils spécifiques améliore également son utilisation.
Bien qu'il s'agisse de la collection la plus basique, il convient également de noter qu'elle incarne tout simplement la philosophie de Blancpain selon laquelle « l'innovation est tradition ».

Outre l'affichage des phases de lune, elle dispose d'un calendrier complet indiquant la date, le jour de la semaine et le mois, le tout dans un boîtier d'une épaisseur de seulement 10.65 mm. L'affichage des phases de lune est l'une des signatures de Blancpain. Mouvement automatique (Cal. 6654). 28 rubis. 2 8800 alternances par heure. Réserve de marche d'environ 72 heures. Boîtier en acier inoxydable (40 mm de diamètre, 10.65 mm d'épaisseur). Étanche à 30 mètres. Prix : 176 million de yens (TTC).

(À droite) L'affichage des phases de la lune, qui présente un « cadran », est une caractéristique distinctive de Blancpain. L'affichage de la date, qui complète le calendrier, est indiqué par une aiguille serpentine en acier bleui de type pointeur.

(Au centre) Le fond saphir transparent révèle le calibre 6654, doté d'un calendrier complet et d'un affichage des phases de la lune. Deux barillets assurent une réserve de marche d'environ 72 heures et une grande stabilité du couple.
(À droite) Grâce aux correcteurs situés à l'arrière de chacune des quatre cornes, l'affichage complet du calendrier (mois, date, jour de la semaine et phase de la lune) se règle manuellement, sans outil. L'absence de correcteurs sur les flancs du boîtier souligne la pureté du design de Villeret.
Catalogue de la collection Villeret
Ce modèle à cadran bleu nuit a rejoint la collection Villeret en 2020. C'est la première fois qu'un cadran bleu nuit est associé à un boîtier en or rouge. Le cadran soleillé rehausse la profondeur du bleu et s'harmonise parfaitement avec les chiffres romains appliqués en or rouge. Remontage automatique (Cal. 1151). 28 rubis. 21 600 alternances par heure. Réserve de marche d'environ 100 heures. Boîtier en or rouge 18 carats (diamètre 40 mm, épaisseur 8.7 mm). Étanche à 30 mètres. Prix : 2 288 000 yens (TTC).
Ce modèle arbore l'affichage emblématique des phases de lune de Blancpain ainsi qu'un calendrier perpétuel. Ce modèle en acier inoxydable est une montre à la fois pratique et sophistiquée. Son diamètre a été réduit à 40 mm, contre 42 mm pour le modèle précédent, le rendant ainsi accessible à un plus large public. Remontage automatique (Cal. 5954). 32 rubis. 21 600 alternances par heure. Réserve de marche d'environ 72 heures. Boîtier en acier inoxydable (40 mm de diamètre, 11.1 mm d'épaisseur). Étanche à 30 mètres. Prix : 4 004 000 yens (TTC).
